Tout le monde sait qu’il faut sauvegarder. Presque personne ne vérifie que ses sauvegardes fonctionnent. C’est une différence considérable, et elle se découvre toujours au pire moment : le jour où l’on en a besoin. Voici comment mettre en place un système qui tourne seul et sur lequel on peut réellement compter.
Une sauvegarde jamais restaurée n’existe pas
C’est la règle que tout le monde apprend une fois, généralement dans la douleur.
Une sauvegarde peut être incomplète, corrompue, illisible, ou porter sur un périmètre partiel sans que rien ne le signale. Le fichier existe, il pèse le bon poids, et il ne sert à rien. Tant que vous n’avez pas effectué une restauration complète au moins une fois, vous n’avez pas de sauvegarde : vous avez un fichier. C’est la formulation que retient Jimenez Julien, et elle change le rapport qu’on entretient avec le sujet on cesse de cocher une case pour vérifier un résultat.
Prévoyez donc, dès la mise en place, un test de restauration. Puis un autre, une fois par an.
Ce qu’il faut sauvegarder
Deux ensembles, et il faut les deux.
Les fichiers : le cœur du système, votre thème, vos extensions, et surtout votre dossier de médias photos, documents, tout ce que vous avez téléversé. C’est la partie volumineuse.
La base de données : vos articles, vos pages, vos commentaires, vos réglages, vos comptes utilisateurs. C’est la partie légère, et la plus critique. Un site sans sa base de données est une coquille vide.
Une sauvegarde qui ne contient qu’un des deux ensembles ne permet aucune restauration. Vérifiez explicitement ce point dans la configuration de votre outil : certaines solutions par défaut n’incluent pas les médias, pour économiser de l’espace.

La règle des trois copies
Le principe est ancien et reste valable : trois copies de vos données, sur deux supports différents, dont une hors site.
Concrètement, pour un site WordPress : la sauvegarde automatique de votre hébergeur, une copie chez un service de stockage externe, et une copie téléchargée localement de temps en temps.
Le point essentiel est le hors site. Une sauvegarde stockée sur le serveur du site disparaît avec lui en cas de défaillance matérielle ou de compromission les attaquants effacent d’ailleurs souvent les sauvegardes locales. Si vos copies vivent au même endroit que votre site, vous n’avez qu’une seule copie.
Quelle fréquence
Elle se déduit d’une seule question : combien de contenu êtes-vous prêt à perdre ?
Pour un site vitrine modifié quelques fois par an, une sauvegarde hebdomadaire suffit largement. Pour un blog publiant plusieurs fois par semaine, une sauvegarde quotidienne des fichiers et de la base est raisonnable. Pour une boutique en ligne enregistrant des commandes, la base de données doit être sauvegardée plusieurs fois par jour, les fichiers restant plus stables.
Conservez au moins trente jours d’historique. Certaines dégradations une infection discrète, une manipulation malheureuse ne se découvrent qu’après plusieurs semaines, et une sauvegarde de la veille reproduirait le problème.
Mettre en place et oublier
Trois voies, selon votre configuration.
La sauvegarde incluse chez votre hébergeur, si elle existe. Vérifiez sa fréquence, sa durée de conservation, et surtout la procédure de restauration certaines sont facturées.
Une extension dédiée, planifiée pour envoyer automatiquement les archives vers un stockage externe. C’est la solution la plus courante et la plus souple.
Un script côté serveur, si vous avez un accès en ligne de commande.
Dans tous les cas, activez la notification par courriel en cas d’échec. Une sauvegarde silencieusement interrompue depuis six mois est le scénario le plus fréquent et le plus évitable.